Le RGO, explication et prise en charge
- Audrey Ndjave
- 21 déc. 2021
- 4 min de lecture

Il est essentiel de distinguer les régurgitations physiologiques du nourrisson du reflux gastro-œsophagien pathologique, souvent appelé RGO.
Ces deux situations sont parfois confondues, alors qu’elles n’ont pas le même impact sur le confort du bébé, son alimentation, son sommeil et l’équilibre familial.
Les régurgitations normales du nourrisson
Chez le nouveau-né et le jeune bébé, les régurgitations sont fréquentes. Elles sont principalement liées à l’immaturité du système digestif, notamment du cardia.
Le cardia est une sorte de clapet situé entre l’œsophage et l’estomac. Son rôle est de limiter le retour du contenu de l’estomac vers l’œsophage. Chez le bébé, ce mécanisme est encore immature. Il peut donc arriver qu’une partie du lait remonte, surtout après une tétée ou un biberon.
Dans ce cas, les régurgitations sont généralement :
proches du boire,
non douloureuses,
composées de lait peu ou pas digéré,
de couleur lactée,
sans retentissement important sur l’état général du bébé.
Le bébé régurgite, mais il reste confortable, continue à bien s’alimenter, prend du poids et ne semble pas douloureux.
Le reflux gastro-œsophagien pathologique
Le RGO est différent.
Dans le reflux gastro-œsophagien, les remontées peuvent être plus tardives, plus acides et beaucoup plus inconfortables. Le contenu de l’estomac a déjà commencé à être digéré. Il peut donc remonter avec des sucs gastriques, ce qui entraîne une sensation de brûlure, d’irritation ou de douleur.
Le bébé peut alors présenter :
des pleurs importants,
une irritabilité après les repas,
des réveils fréquents,
une difficulté à être allongé,
des refus alimentaires,
des tétées ou biberons très fréquents,
des tensions corporelles,
un sommeil très fragmenté,
une impression d’inconfort permanent.
Le RGO peut devenir une expérience extrêmement éprouvante pour le bébé et pour ses parents.
Quand les parents sentent que quelque chose ne va pas
Beaucoup de familles vivent une grande détresse autour du RGO.
Elles consultent, décrivent les pleurs, les nuits hachées, les difficultés alimentaires, les inconforts… mais se retrouvent parfois face à des réponses très théoriques :
“Il prend du poids, donc tout va bien.”“Ça passera avec la diversification.”“Ça ira mieux quand il tiendra assis.”
Ces phrases peuvent être très difficiles à entendre lorsque le quotidien est devenu invivable.
Oui, la prise de poids est un indicateur important. Mais elle ne suffit pas toujours à évaluer le confort digestif d’un bébé. Un enfant peut prendre du poids tout en étant douloureux, épuisé, inconfortable ou en grande difficulté de sommeil.
Pourquoi le RGO peut perturber le sommeil
Un bébé qui souffre de reflux peut progressivement entrer en conflit avec le sommeil.
Pour lui, dormir peut devenir associé à :
la position allongée,
les remontées acides,
l’inconfort,
les réveils douloureux,
la perte de contrôle,
le besoin d’être porté ou contenu.
Le sommeil n’est alors plus vécu comme un espace de récupération, mais comme un moment potentiellement inconfortable.
Même lorsque le reflux est enfin mieux contrôlé, tout ne revient pas immédiatement à la normale. Le bébé peut avoir besoin d’une phase de réadaptation. Son système nerveux doit reprendre confiance dans le sommeil.
Il faudra parfois l’accompagner progressivement pour qu’il retrouve :
une sensation de sécurité,
un sommeil plus stable,
une meilleure tolérance à la position allongée,
une capacité à enchaîner les cycles,
une relation plus apaisée au coucher.
Pourquoi le RGO peut perturber l’alimentation
Le reflux peut aussi impacter profondément l’alimentation.
Certains bébés associent progressivement l’alimentation à la douleur. Ils peuvent alors refuser certains aliments, réduire les quantités, se détourner du sein ou du biberon, ou devenir très sélectifs.
À l’inverse, d’autres bébés demandent très souvent à boire, car le lait peut temporairement apaiser l’acidité. Cela peut donner l’impression qu’ils ont constamment faim, alors qu’ils cherchent parfois surtout à soulager leur inconfort.
Dans certains cas, il sera nécessaire d’explorer :
une intolérance alimentaire,
une allergie,
un lait mal toléré,
une prise d’air importante,
une difficulté de succion,
une hypersensibilité digestive,
ou une autre cause mécanique ou fonctionnelle.
L’objectif n’est pas seulement de masquer les symptômes, mais de comprendre ce qui entretient le reflux.
Mon approche dans l’accompagnement du RGO
Dans mes prises en charge, le dépistage du RGO fait partie intégrante de l’évaluation globale du sommeil, de l’alimentation et du comportement du bébé.
En tant qu’infirmière spécialisée en périnatalité et en pédiatrie, je ne prescris pas de traitement médical de fond. En revanche, mon rôle est d’observer, d’évaluer, d’orienter et d’accompagner les familles dans la compréhension des mécanismes en jeu.
L’objectif est de rechercher les causes possibles du reflux et d’agir sur les facteurs qui peuvent l’aggraver :
alimentation,
succion,
digestion,
positionnement,
rythme des repas,
sommeil,
hypersensibilité,
environnement,
inconfort corporel.
Lorsque la famille trouve un prescripteur attentif, les choses peuvent avancer plus vite. Un traitement médical adapté peut parfois être nécessaire pour soulager l’inflammation et la douleur. Mais il doit idéalement s’inscrire dans une prise en charge globale.
Le traitement peut aider à calmer le terrain, mais il ne remplace pas l’analyse des causes.
Après le diagnostic : une phase de reconstruction
Lorsque le RGO est identifié et pris en charge, il ne faut pas s’attendre à ce que tout rentre immédiatement dans l’ordre.
Le bébé peut avoir besoin de temps pour se réconcilier avec :
le sommeil,
l’alimentation,
la position allongée,
la séparation,
les repas,
son propre corps.
Il peut être nécessaire de passer par une phase de rééquilibrage, autant sur le plan digestif que sur le plan émotionnel et sensoriel.
Ce travail demande de la patience, de l’observation et un accompagnement adapté.
Le RGO n’est pas “juste quelques régurgitations”.
Chez certains bébés, il peut impacter profondément :
le sommeil,
l’alimentation,
le comportement,
la régulation émotionnelle,
la disponibilité des parents,
et l’équilibre familial.
Les parents ressentent souvent très tôt que quelque chose ne va pas. Leur intuition mérite d’être entendue.
Vous n’êtes pas seuls.Votre bébé ne “fait pas exprès”.Et vous n’êtes pas responsables de ses difficultés.
Avec une bonne évaluation, des professionnels à l’écoute et une prise en charge adaptée, il est possible de mieux comprendre la cause du reflux, de soulager bébé et de l’aider progressivement à retrouver plus de confort, de sécurité et de sérénité.
Le programme happy baby sleep reste d'une grande aide pour vous aider à travailler la phase de sécurisation de votre bébé même en cas de RGO. Il faut garder en tête l'importance de traiter le problème et sa cause avant d'attendre des résultats. lien ici : happy baby sleep

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